Renaud Philippe Le Devoir Le glacier Perito Moreno, dans le parc national Los Glaciares, en Argentine
Peu importe nos actions contre les changements climatiques, les glaciers de montagne vont fondre en bonne partie d’ici 2100. Fini la glace permanente ! C’est ce que nous apprend une étude récente publiée dans la revue Science. Le phénomène aura des conséquences multiples. Les quelques 200 000 glaciers de montagne sont une ressource critique en eau pour près de deux milliards de personnes. Selon ces nouvelles projections, la perte de masse de ces glaciers serait plus grande qu’indiquée dans les études antérieures. On envisage une perte de masse au moins 11 % plus importante. Les glaciers sont projetés de perdre 26%(scénario de +1,5°C) à 41% (scénario de +4°C) de leur masse d’ici 2100, par rapport à 2015. Cela entraînera la disparition de 49 à 83% des glaciers. Dans l’ouest du Canada, il faut s’attendre à une disparition quasi complète des glaciers de montagne.
La perte de masse des glaciers a des répercussions sur l’élévation du niveau de la mer, les ressources en eau et les risques naturels. La perte de masse est linéairement liée à l’augmentation de température et, par conséquent, les réductions de l’augmentation de température réduisent la perte de masse. Sur la base des engagements en matière de climat pris lors de la Conférence des Parties (COP26), on prévoit que la température moyenne mondiale augmentera de +2,7°C, ce qui entraînera une contribution de 115 ± 40 millimètres au niveau de la mer et provoquera une déglaciation généralisée dans la plupart des régions de milieu de latitude d’ici 2100.
Cela correspond à un équivalent de 90 ± 26 à 154 ± 44 millimètres en termes de niveau de la mer et entraînera la disparition