Allons-nous être capable de respecter notre propre signature, celle de l’Accord de Paris ? Et bien, faisons un petit exercice mathématique …
Avant de débuter, précisons l’engagement du Canada en terme de réduction des GES. « Le plusse beau pays du monde » vise une réduction de 30 % des GES par rapport aux émissions de 2005, notre année de référence. En juillet 2021, M. Wilkinson, a présenté aux Nations-Unis une révision à la hausse de notre taux. Le pays des « snowbirds » s’engage maintenant à réduire de 40 à 45 % le total des émissions sur la période de 2005 à 2030 … Beau grand défi !
En 2005, le Canada a émis 739 million de tonnes (Mt) de GES. Une baisse de 40% équivaut à réduire de 296 Mt nos émissions annuelles pour atteindre 443 Mt en 2030. En 2016, au moment de la signature de l’accord de Paris, nous étions à 707 Mt et en 2019, année pré-pandémique, on a réussi à augmenter notre chiffre à 730 Mt. Bravo les gars! Donc, depuis notre signature, nos émissions annuelles ont augmenté de 23 Mt. Avons-nous mal compris le sens de l’accord ? On parle d’une baisse, pas d’une hausse. On se réveille svp sur le banc des joueurs. En 14 ans, de 2005 à 2019, on a réduit de 1,2 % nos émissions. Maintenant, en seulement 11 ans, de 2019 à 2030, on promet de passer de 730 à 443 Mt, soit une baisse de 39%. En valeur absolu, ça veut dire de retrancher 287 Mt. En 2019 le Québec a émis 84 Mt et l’Ontario, de son côté, en a émis le double (163 Mt). Même si le Québec et l’Ontario se décarbonaient à 100 % d’ici 2030, ça ne serait pas suffisant. L’ampleur du virage vert reste énorme. Nous ne sommes pas encore « accumulés » au pied du mur mais pas loin. Restons positifs et espérons que l’Alberta (276 Mt), le plus grand émetteur au Canada fera un pas dans la bonne direction, pas celle du mur!